mercredi 17 décembre 2025

Protection contre le Mensonge, les Faux Témoignages, l'Idolâtrie et les Escroqueries

 

Homélie sur la Protection contre le Mensonge, les Faux Témoignages, l'Idolâtrie et les Escroqueries : Un Appel à la Vérité en Islam

Bismillahir Rahmanir Rahim. Al-hamdu lillahi rabbil 'alamin, wa salatu wa salamu 'ala rasulillah, wa 'ala alihi wa sahbihi ajma'in.

Ô mes chers frères et sœurs en Islam, rassemblés ici dans la maison d'Allah, sous la protection de Sa miséricorde infinie, que la paix soit sur vous. Aujourd'hui, dans cette khutba bénie, je vous adresse ces paroles comme un rappel du Livre d'Allah et de la Sunna de Son Messager, paix et bénédictions sur lui. Nous vivons dans un monde où le shaytan, le maudit, sème la confusion et la tromperie, cherchant à égarer les cœurs des croyants. Une double escroquerie, née d'une origine perfide, a touché le monde entier et secoué la communauté des alpinistes – ces explorateurs des sommets créés par Allah comme signes de Sa grandeur. Cette tromperie, avec ses faux exploits et ses manipulations commerciales, n'est pas un simple fait divers, mais une manifestation des pièges que l'islam nous commande de rejeter avec fermeté. Écoutons la parole d'Allah, exalté soit-Il, et protégeons nos âmes et celles de nos frères.

Ô fidèles, rappelez-vous que l'islam est une religion de vérité absolue, où le mensonge est une porte ouverte vers l'Enfer. Allah, le Très-Haut, dit dans Son Livre glorieux : « Malheur à tout grand imposteur pécheur » (Sourate Al-Jathiya, 45:7). Le mensonge, le kadhib, est un péché majeur qui corrompt l'âme et la société. Le Prophète Muhammad, paix sur lui, a dit : « Le mensonge conduit à l'immoralité, et l'immoralité conduit à l'Enfer » (Rapporté par Al-Boukhari et Muslim). Dans cette escroquerie qui a secoué le monde des alpinistes, nous voyons des faux récits d'ascensions – une trilogie sans preuves, des photos usurpées, des contradictions flagrantes – forgés pour tromper et profiter. Ces mensonges ne sont pas innocents ; ils ont mené des âmes à la mort, incitant les imprudents à imiter des exploits illusoires sur des parois mortelles. Ô musulmans, protégez-vous de tels pièges ! Ne suivez pas les récits non vérifiés, car Allah commande : « Ô les croyants ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-la, de peur que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait » (Sourate Al-Hujurat, 49:6).

Et que dire du faux témoignage, cette abomination qui brise la justice divine ? Allah, exalté soit-Il, avertit sévèrement : « Ô les croyants ! Soyez stricts en observant la justice, et soyez des témoins pour Allah, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents... Et si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites » (Sourate An-Nisa, 4:135). Dans cette double tromperie, des figures influentes ont relayé des preuves falsifiées – photos volées, récits contradictoires – sans rectification, même face à des alertes claires comme une lettre de dénonciation en 1993. Ces actes sont des faux témoignages qui ont permis à l'escroquerie de se propager, touchant des innocents et secouant une communauté entière. Ô fidèles, fuyez de tels complices du mensonge ! Le Prophète, paix sur lui, a dit : « Celui qui trompe n'est pas des nôtres » (Rapporté par Muslim). Protégez vos cœurs en vérifiant chaque parole, car le Jour du Jugement, chaque faux témoignage sera pesé sur la balance.

Maintenant, mes frères et sœurs, parlons de l'idolâtrie, le shirk, le plus grand des péchés qui offense l'unicité d'Allah. Le Coran déclare : « Allah ne pardonne pas qu'on Lui associe quoi que ce soit ; à moins que cela, Il pardonne à qui Il veut » (Sourate An-Nisa, 4:48). Dans l'histoire préislamique, les idoles comme Al-Lat, Al-Uzza et Manat étaient des noms inventés pour tromper et contrôler : « Avez-vous vu Al-Lat et Al-Uzza, et Manat, cette troisième autre ?... Ce ne sont que des noms que vous et vos ancêtres leur avez donnés ; Allah n'a fait descendre aucune preuve à leur sujet » (Sourate An-Najm, 53:19-23). Aujourd'hui, ces idoles modernes se manifestent dans les faux exploits alpinistes érigés en gloire pour le commerce – marques vendues, notoriété monnayée. Cette double escroquerie a créé des idoles trompeuses, des veaux d'or himalayens, pour détourner les gens de la vérité et du danger réel. Ô musulmans, ne tombez pas dans ce shirk subtil ! Les montagnes sont des signes d'Allah : « N'avons-Nous pas fait de la terre une couche ? Et des montagnes des piquets ? » (Sourate An-Naba, 78:6-7). Ne les profanez pas en suivant des idoles forgées par l'avidité.

Enfin, l'escroquerie, ce ghishsh qui vole les biens et les âmes, est sévèrement condamné. Allah dit : « Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens ; et ne vous adressez pas aux juges pour dévorer [illicitement] une partie des biens des gens, en toute injustice et sciemment » (Sourate Al-Baqara, 2:188). Dans cette affaire qui a secoué le monde, des manipulations ont servi des intérêts commerciaux, menant à des pertes de vies et à la confusion. Le Prophète, paix sur lui, a dit : « Quiconque nous trompe n'est pas des nôtres » (Rapporté par Muslim). Ô fidèles, protégez-vous en restant honnêtes dans vos affaires, en vérifiant les sources, et en évitant les idoles du gain illicite. Soyez des gardiens de la vérité, car Allah est avec les véridiques.

Ô Allah, protège Tes serviteurs des pièges du shaytan, du mensonge et de l'idolâtrie. Guide-nous sur le droit chemin, et fais de nous des témoins sincères. Amin.

vendredi 5 décembre 2025

Le mécanisme psychologique de la jalousie institutionnelle

 


Voici une analyse complète, profonde et structurée du mécanisme psychologique de la jalousie institutionnelle, en s’appuyant sur la psychologie cognitive, la dynamique des groupes, les sciences sociales et la logique du prestige collectif.

Ce mécanisme est rarement expliqué clairement, mais il est fondamental pour comprendre pourquoi des figures comme Ghirardini ont autant dérangé certains milieux structurés.


Le mécanisme psychologique de la jalousie institutionnelle

La jalousie institutionnelle n’est pas simplement la jalousie d’une personne envers une autre.
C’est la jalousie d’un système, d’un groupe, d’une identité collective — ce qui la rend beaucoup plus puissante et beaucoup plus toxique.

Elle mélange quatre moteurs psychologiques :

  1. la menace identitaire,

  2. la dissonance hiérarchique,

  3. le besoin de cohérence du groupe,

  4. la peur de la perte de contrôle.

Explorons-les un par un.


1. La menace identitaire : quand l’excellence d’un individu devient une attaque

Dans une institution prestigieuse, l’identité collective repose sur un postulat :
"Nous représentons le sommet."

Tout héros indépendant rompt cet axiome.

Psychologiquement, cela provoque une réaction très bien documentée par les chercheurs en psychologie sociale :

a. L’excellence externe est ressentie comme une agression symbolique

Elle montre que la valeur du groupe n’est pas absolue, mais relative.
Elle expose que le prestige collectif est peut-être surestimé.

b. Le groupe réagit en défendant son "moi collectif"

Comme un individu menacé défend son ego, une institution menacée défend son image.

Le héros devient alors un ennemi narratif :
non pas parce qu’il a échoué, mais parce qu’il a trop réussi.


2. La dissonance hiérarchique : quand un outsider monte plus haut que les "officiels"

La jalousie institutionnelle naît souvent d’une situation très précise :

Un membre extérieur accomplit ce que les membres internes n’ont pas accompli.

Cela crée une dissonance hiérarchique intolérable :

  • la pyramide dit : "Le sommet est ici".

  • le héros indépendant montre : "Le sommet est plus haut".

C’est psychologiquement explosif pour ceux qui ont bâti leur statut sur la place qu’ils occupent dans la structure.

Réaction psychologique automatique :

Déprécier l’exploit pour retrouver une cohérence interne.

Ne pas parler de l’exploit devient la manière la plus simple de préserver la hiérarchie.


3. Le besoin de cohérence du groupe : un héros incontrôlable casse l’ordre symbolique

Tout groupe prestigieux fonctionne sur une cohérence interne :

  • cohérence narrative : "Nous savons ce que nous faisons."

  • cohérence temporelle : "Nous avons toujours été les meilleurs."

  • cohérence symbolique : "Nous incarnons l’élite."

Un héros extérieur brise ces trois cohérences en même temps.

Résultat psychologique :

L’institution vit son exploit comme :

  • un rappel de ses limites,

  • un démenti public de sa supériorité,

  • une fissure dans son récit fondateur,

  • une humiliation implicite.

La jalousie institutionnelle n’est donc pas une émotion,
c’est un mécanisme de défense du récit collectif.


4. La peur de la perte de contrôle : le héros autonome échappe à toutes les manipulations

Les institutions craignent les individus qu’elles ne peuvent pas :

  • discipliner,

  • récupérer,

  • utiliser comme symboles,

  • formater dans leur culture interne.

Dans la psychologie des organisations, on appelle cela un individu incontrôlable.

Les élites préfèrent promouvoir un héros moins talentueux mais contrôlable qu’un génie libre.

La jalousie institutionnelle devient donc :

"Il est trop grand pour que nous puissions le gérer."

Ce qui mène à la stratégie la plus fréquente :
effacement, silence, minimisation.


La dynamique collective : la jalousie se transforme en ostracisme

Une fois que le groupe ressent :

  • la menace,

  • la perte de cohérence,

  • la dissonance,

  • la peur du héros libre…

… la jalousie institutionnelle devient un processus collectif.

Voici comment il se déploie :

1. Le silence médiatique

L’exploit n’est pas relayé → il n’entre pas dans le récit collectif.

2. La minimisation interne

"Oui, mais…"
"Ce n’était pas si difficile…"
"On pourrait critiquer ceci ou cela…"
"Médiatiquement, ce n’est pas très important…"

3. Le déni institutionnel

L’institution se protège en ignorant les réalisations qui pourraient la fragiliser.

4. L’ostracisme personnel

La personne est tenue à distance du réseau.
Pas invitée.
Pas appelée.
Pas célébrée.

5. La réécriture historique

Des années plus tard, le groupe réorganise le récit pour mettre en avant :

  • ceux qui lui appartiennent,

  • ceux qu’il contrôle,

  • ceux qui servent sa légende.

Les indépendants disparaissent en arrière-plan.


Pourquoi c’est plus violent pour les héros qui réussissent tôt

Les figures qui accomplissent leur exploit jeune — comme Bruce Lee, Mozart, ou certains alpinistes — dérangent encore plus.

Car leur existence dit au groupe :
"Vous avez mis des années à monter une hiérarchie ; moi j’ai tout brisé à 20 ou 25 ans."

La hiérarchie, blessée dans son orgueil, cherche alors non pas à comprendre, mais à neutraliser.


En résumé

La jalousie institutionnelle est la forme de jalousie la plus froide, la plus structurée et la plus silencieuse.
Elle répond à trois logiques :

  1. Psychologique :
    Le héros libre met en danger l’ego collectif.

  2. Sociologique :
    Il détruit la justification du monopole hiérarchique.

  3. Narrative :
    Il perturbe le récit mythique que l’institution construit sur elle-même.

Face à lui, les institutions ne choisissent ni l’admiration, ni la reconnaissance.
Elles choisissent le silence, arme la plus efficace pour effacer un héros sans avoir l’air de l’attaquer.